De 1602 à 1907 : comment les registres de Chaumeré ont changé

En lisant les registres de Chaumeré les uns après les autres, on voit la façon d’écrire les actes changer avec le temps. Voici les grandes étapes, telles que nous les avons lues.
1602 : un cahier de baptêmes, écrit à la main
Le plus ancien registre que nous lisons (cote 10 NUM 35074/1) s’ouvre sur un « livre et registre baptismal » commencé en 1602. Il ne contient que des baptêmes : les mariages et les sépultures sont dans d’autres cahiers. Les actes sont très courts : l’enfant, ses parents, le parrain et la marraine.
1674 : tout dans le même cahier
Soixante-dix ans plus tard, le prêtre note dans le même registre les baptêmes, les mariages et les sépultures. Les actes citent désormais le village des personnes et les témoins présents.
1696 : le papier imprimé et timbré
Le cahier de 1696 s’ouvre sur une page de titre imprimée : il est fait de « six rôlles de papier » destinés à enregistrer « tous les baptêmes, mariages et sépultures », « conformément à l’ordonnance de 1667 et à l’édit d’octobre 1691 », et il est « chiffré et millésimé » par le sénéchal de Rennes. Chaque feuille porte le timbre « Bretagne, un sol ». Le pouvoir royal contrôle désormais le registre (cote 10 NUM 35074/36).
Le XVIIIᵉ siècle : des actes plus détaillés, puis plus réguliers
En 1718 et en 1738, les actes donnent le village, l’âge exact des enfants morts, les parents (« fille légitime d’honnêtes personnes… »). Vers 1780, ils sont courts et réguliers. En 1786, le nom de la famille est écrit en marge, et les témoins « ont déclaré ne savoir signer, interpellés » : la loi oblige à les interroger.
1791-1793 : la Révolution
Le dernier registre paroissial (1791-1792) est signé d’un curé constitutionnel, et des « officiers municipaux » apparaissent dans les actes. En 1793, les décès sont déclarés devant le procureur de la commune, sans prêtre ni cérémonie. Les mois changent aussi de nom : « ventôse », « thermidor »… (calendrier républicain).
1798-1801 : sous nos yeux, le formulaire apparaît
C’est là que le changement est le plus net. Trois registres de décès, trois années de suite : regardez la page.
Ce modèle est assez proche de celui d’aujourd’hui. Pour nous, c’est la marque de l’administration mise en place sous Napoléon Bonaparte, dont l’influence se voit jusque dans les petits registres d’une commune de campagne.
1907 : le registre imprimé, rempli par le maire
Les registres de naissances de 1907 et de 1908 sont en grande partie imprimés : le maire les complète à la main. Et des mentions en marge (mariage, décès) y sont ajoutées par les mairies, parfois soixante-dix ans plus tard.
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